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Sous-traitante- Intermédiaire- « Macro » : Entre les Mac et les commandes de Tonton

« Couples ciblés ou composés »  pour éclore socialement, financièrement ou assouvir une obsession. De jeunes femmes, belles et audacieuses, mises en rapport avec des hommes pas forcément beaux mais assurément riches. La finalité est de former des « couples ciblés ou composés » pour assouvir un besoin sexuel et financier.

Quid des proies, elles sont en quête de « fortune, d’ascension professionnelle, de voyage etc. Bref, s’asseoir à la meilleure table. Comme le décrit, les auteurs, c’est de la sous-traitance charnelle. Le client passe sa « Commande » avec une fine description du produit souhaité… Le « Mac » (Ndlr : diminutif de maquereau)  précise que ce ne sont pas toutes des « filles du milieu du showbiz. Dans le lot, il y a des professionnelles, des intellectuelles, surtout la nouvelle vague d’actrices instruites. En un mot, toutes les professions se côtoient dans ce cercle».

La cinquantaine révolue, notre « Mac », une célébrité dans le milieu de la lutte, se confesse, sans retenue. « Je n’ai pas de sens interdit au Sénégal où tout s’y passe.  Pour en revenir à moi, j’ai en ma possession toute les bonnes adresses de Dakar. Que je sois controversé dans ma profession (lutte) est une chose. Que ma notoriété en intermédiaire, sous-traitance  ou ‘’Macaro’’ soit incontestable en est une autre », précise-t-il d’entrée.Trouvé dans un somptueux hôtel de la capitale en bordure de mer, il nous conduit dans sa chambre de couleur crème. Le cadre est plaisant pour ne pas enchanteur. La literie est bien dressée. Le Mac se dirige d’un pas ferme vers l’extrémité de sa chambre. Il ouvre largement la portière du frigo-bar bien rempli de raisin, kaki, prune et boissons sucrés comme alcoolisés.  « Que prends-tu ? Y a du tout. Si tu veux du consistant, allons à la terrasse… », déclame le Mac. « Non, merci » ! Sa surprise à la déclinaison de ses présents était palpable. Le Mac se ressaisit après un moment de stupéfaction. Et  la conversation prend d’autres tournures.

« C’est ma chambre 12/12 et 24h/24 »

« Je dispose d’une chambre en permanence dans l’hôtel X étoile en bordure de mer. Une chambre de repos, de réception et de casting afin de  faire miroiter aux potentielles candidates ce à quoi elles peuvent s’attendre. Ah oui, les affaires riment avec goût, luxe et ‘’xaliss bou weex taal’’ (Ndlr : beaucoup de billets de banque) » , détaille le Mac. « Qu’entendez-vous par casting et réception ? Sa réponse est sans équivoque : « Réception comme recevoir ses invités et non cocktail ou soirée. Je reçois des amis et connaissances pour parler de tout et de rien si je suis dans les dispositifs. D’ici, je me repose bien compte tenu des aléas professionnels et de la polygamie. C’est mon 3ème  bureau disons (il s’éclate de rires). Et quoi d’autre, hum, le casting. Je reçois en amont la commande, c’est-à-dire les filles ciblés par mes hommes d’affaires. Ou une description correspondant à un profil de fille que j’ai sous la main. Cette chambre est un passage obligé, d’abord pour voir si elles s’adaptent à la promiscuité de l’intimité. Ensuite, les filles adorent le luxe. Nous discutons des modalités ici ou sur la terrasse. Cependant, les « kilifas » (Ndlr : patrons) ne mettent pas les pied ici. Ils sont discrets dans la démarche et la relation », narre notre interlocuteur.

Serait-ce une forme de prostitution ?

A la question de savoir si cette mise en relation n’est pas une forme de prostitution, le Mac sursaute : « Non, non et non, ce n’est pas de la prostitution. Absolument pas ! Ce sont deux adultes qui scellent une alliance par intérêt. Tous les deux sont conscients et consentants et l’intérêt est le fondement. Donc ; chaque partie offre ce qu’il a. Ce n’est pas à moi de vous apprendre que chaque chose à son prix. Maintenant,  l’un cherche la beauté, la chair fraiche, l’artificiel, les rondeurs, la célébrité, entre autres. Assouvir ses vices et fantasmes à tout prix. L’autre expose ses atouts, via les réseaux sociaux, vidéos girl, série télévisées etc. Mais dans l’ensemble, c’est plutôt une union libre. Un consensus entre deux adultes. Personne n’emmerde personne. Les agendas sont majoritairement calés en amont ».

Qu’est ce qui entre en jeu ?

Voyage, voiture, argent, restaurant, shoping, nourriture, billet pour la Mecque, terrain, appartement, maison, reconstruction mammaire, voyage d’étude, promotion et divers opportunités. Pleins de choses positifs. « Dormir dans des draps en soie et manger les meilleurs mets de Dakar en vaut le coût.  Ah oui ; les gens ont faim dans ce pays. Aussi naturellement,  si la femme en vaut la peine, l’homme l’amène pendant ses voyages d’affaires, en vacances, en week-end. Ce sera en quelque sorte son ‘’bagage à main’’. Pas encombrant, légale et surtout discrète.  Vous voyez bien que le jeu en vaut la chandelle. Sauf que ce n’est pas donné à toutes les femmes. Les critères sont sélectifs. »

A savoir : « Belles, discrètes, audacieuses, être libre d’aller et venir sans entrave et surtout muettes comme une tombe. L’instruction devient une exigence maintenant. Ils insistent sur ce point à 95 % ». Côté rémunération, le Mac y voit son compte : « J’ai un pourcentage de ce que reçoit la fille en plus de rondelette somme ou de la faveur gracieuse du client. C’est bénéfique financièrement, socialement et surtout humainement. Je suis en contact avec des couches sociales, mondes et mode de vie différents. J’apprends au jour le jour sur l’humain ».

 Confessions de femmes « bagages à main »

« Tout coule à flot depuis que tonton m’a ajouté à son personnalitébook ».

Le cercle « Macaro »  ou sous-traitance  est fermé. Tout tourne entre le « Commandeur, la Commande et le Promoteur ». Tirer ces vers du nez n’a pas été chose aisée. L’intérim, l’anonymat, la relance et quelques rejets d’appels, des messages vus, lus et ignorés mais qui ont finalement payés.  Les témoignages des «            Commandes » se sont transmis via note vocale et sms WhatsApp. Avec ironie, le Mac rappelle : « Tout passe par moi, je suis incontournable ». Elles ont été avares en parole et surtout effacés. Le plus petit initial n’a été tiré du Mac, encore moins « commandes ».

Commande N°1

 « Aucun regret, tout coule à flot depuis que tonton m’a ajouté à son personnalitébook. Les rencontres me permettent d’arrondir les fins du mois. Mieux, je voyage un peu partout avec des personnalités. J’ai réalisé mon rêve d’acquérir un appartement. Bien sûr en location, à leurs charges mais c’est mon chez-moi. »

Commande N°2

« Ce sont des relations sans contraintes, tout est organisé sur agenda. Il arrive qu’il y ait des dernières minutes mais juste à l’occasion. Je suis fonctionnaire dans un ministère. Mes absences ne se remarquent pas trop, administrativement parlant. Disons que je suis mobile géographiquement. »

 Commande N°3

 « Je me réalise petit à petit, consciente que la jeunesse procure tout. Cependant, j’amasse au maximum pour amoindrir ma chute. Ils vont se lasser, tôt ou tard ».

Commande N°4

« Le mariage n’est jamais abordé ? Sinon, ils prennent leurs jambes au coup. C’est juste une union libre. Deux adultes qui planent, bavardent, voyagent, couchent etc. Un couple clandestine. »

Yaye Awa Ly Ngoné SARR (Kritik)




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