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Marie Sock : La nymphe qui lorgne le fauteuil de Barrow en Gambie

 

Jusque-là, elle fait office de la seule candidate déclarée à la présidentielle de 2021 en Gambie. En fin mai dernier, Marie Sock, la cinquantaine révolue, a suscité la surprise en déclinant son intention de briguer la magistrature suprême l’année prochaine. Caractère bien trempé, cette femme d’affaires globe-trotteuse a bâti une fortune enviable lui permettant d’être à « l’abri du besoin » et possède plusieurs cordes sur son arc. Mais méconnue et inexpérimentée cette self-made woman possède-t-elle une once de chance de devenir l’Ellen Jonson Sirleaf de la Gambie » ? Iconoclaste, elle veut bousculer l’establishment pour créer la sensation à la prochaine échéance électorale en candidate indépendante sous la bannière de Marie Sock Alliance of Social democrat.

Crâne rasé et teinté, tenue dépareillée, le tout dans un style plutôt désinvolte. Le look de Marie Sock choque et ne laisse personne indiffèrent. Ses clichés dans ce style chic ont fait le tour des réseaux sociaux au lendemain de sa conférence de presse au cours de laquelle elle a décliné ses ambitions politiques pour son pays. Cette femme d’affaires qui a beaucoup bourlingué, n’y trouve pas de quoi la décontenancer. Elle n’a que faire des attaques misogynes et sexistes dont elle fait l’objet. A ce stade de sa vie, confie-telle, elle s’est forgée une carapace et fait le dos rond. « On aura tout dit sur ma personne. On m’a traité de tous les noms d’oiseaux mais heureusement que je m’étais préparée à encaisser tous les coups bas politiques. Cela me laisse de marbre ».

 

L’apparence importe peu chez elle, fût-il en politique. N’hésitant pas à lancer un aphorisme à l’endroit de la société : « l’habit ne fait le moine. Mieux vaut s’interroger sur mes capacités », aime-t-elle à ressasser, goguenarde. Alors pourquoi déclarer sa candidature à un an et demi de l’échéance ? Cette native du centre-ville de Banjul en est consciente : méconnue, naine politique et inexpérimentée, elle doit mettre les bouchées doubles. Elle s’appuie sur un atout de taille, Africare, son entreprise personnelle. Pour mettre toutes les chances à ses cotes, elle se pose en rassembleur.

 

« Nous voulons innover dans l’histoire politique du pays. En tant que candidate indépendante, j’invite les autres partis à me rejoindre. C’est pourquoi nous nous sommes lancés à temps. En Gambie, quasiment chaque parti a une connotation ethnique alors que nous sommes un petit pays ».

 

D’un ton calme contrastant avec la teneur de son propos, elle décoche volontiers quelques flèches à l’endroit de la classe politique. Sans vouloir s’épancher sur son jardin secret, elle confie être à labri du besoin avant de vouloir être au service de ses compatriotes.

 

Au terme d’un long séjour en Europe et aux Etats-Unis, cette mère de trois enfants et divorcée veut mettre à profit son expertise. Sans se faire d’illusion, elle sait que la tâche est loin d’être une sinécure. « Comme on dit en anglais ne jugeons pas le livre par sa couverture. Qu’on donne la chance aux femmes qui ne sont pas moins méritantes que les hommes ».

De son patronyme, cette chrétienne a une ascendance saint-louisienne et possède également la nationalité américaine. Celle qui rêve de devenir l’Ellen Jonshon Sirleaf (première femme, présidente du Liberia) de son pays ne doute pas une seconde de sa bonne étoile. Aunty Mariepour les intimes décrit un tableau sans complaisance de la gouvernance Barrow et se prépare à un combat dont elle est consciente qu’on ne lui fera pas de cadeaux.




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